Mes débuts à domicile

Comment est venue l’idée de travailler au domicile des patients, quelle population, quel secteur géographique, quels frais dois-je engager etc ? Petit retour sur mon expérience.

 

Avant de me lancer

Pour commencer, je ne savais pas qu’il était possible en tant que future psychomotricienne de travailler au domicile des patients, et encore moins comme libérale (comprendre ici, détachée d’une structure).

Pourtant cela faisait deux ans que j’étais dans l’environnement même de mes patients, d’ailleurs on dit résidents quand on travaille en EHPAD (maison de retraite) et j’ai aussi fais des stages dans des lieux de vie (foyer-appartement, MAS Maison d’Accueil Spécialisé).

C’est en dernière année d’étude que ma maître de stage a évoqué son projet de travailler au domicile des personnes âgées.

 

Elle m’a bien inspirée sans le savoir

Comment ça ? Dans leur maison, dans leur appartement ?

Oui, c’est cela. Elle avait envisagé des partenariats avec les hôpitaux et centres de réeducation du secteur pour faciliter le retour au domicile et poursuivre les soins.

Par curiosité, j’ai fais des recherches sur facebook et suis tombée sur un groupe privé « Psychomot à domicile » (dont je suis aujourd’hui une des administratrices).

 

La photo de couverture du groupe

 

 

Juste avant d’être diplômée, lors d’un déjeuner chez une amie, je rencontre cette jeune femme qui cherche une psychomotricienne pour son fils mais ne peut se déplacer. Elle évoque brièvement ses difficultés. Elle demande si une prise en charge à domicile est possible. Elle a hâte que je sois diplômée.

Moi aussi.

 

(R)assurée d’avoir un emploi

Le diplôme en poche, l’EHPAD dans lequel j’ai fais mes deux dernières années en alternance me propose un mi temps. Le directeur est presque désolé de ne pas pouvoir me proposer un temps plein. C’était le deal de départ et en même temps, je ne me voyais plus travailler 35h par semaine, 5 jours sur 7, au même endroit.

Je me suis défaite de mes croyances que j’avais avant de reprendre mes études de psychomotricité.

Alors le temps partiel reparti sur 2 jours me convenait très bien ainsi j’avais du temps pour les loisirs, la famille, le sport, et pourquoi pas trouver autre lieu d’exercice avec une population différente.

 

Complément et enrichissement professionnel

J’ai postulé pour des heures d’atelier en crèche à condition d’avoir un statut auto entrepreneur. J’ai lancé les démarches. Presque en vain car aucune crèche ne m’a été confiée.

 

Maintenant que j’ai le statut auto entrepreneur, autant me lancer plutôt que d’être salariée dans deux structures

 

En septembre 2016, j’ai ouvert ma page Facebook et mon compte Instagram avec un logo commandé sur mesure. En moins d’un mois, j’ai eu mon premier patient hors bouche à oreille. Je n’ai pas eu « beaucoup » de patients à domicile SI on s’attend à ce que je remplisse mes journées comme en 35h hebdomadaire… mais cela me suffisait largement. Parfait pour démarrer, pour remplir mon emploi du temps tout en ayant de la disponibilité pour moi et ma famille. Les études ont été suffisamment éprouvantes.

Néanmoins je ne m’attendais pas à avoir autant de travail à faire à la maison : trame, bilan, transmission, comptabilité etc

Finalement ce fut une expérience professionnelle nécessaire pour gagner en confiance et développer mes compétences organisationnelles sereinement et tranquillement. A mon rythme. J’ai appris à m’adapter avec les espaces à disposition, à devenir plus ferme quant au cadre thérapeutique, à mieux comprendre les familles étant dans leur environnement personnel.

Au bout de quelques mois, je commençais à fatiguer. L’opportunité de travailler dans un local s’est présenté. C’est une autre histoire. Mais j’ai continue certaines prises en charge à domicile.

 

Les conclusions plutôt techniques

 

J’ai travaillé principalement avec des enfants alors que je pensais toucher une population plus handicapante physiquement, en terme de déplacement, comme les personnes âgées. J’ai bien voulu élargir mon secteur géographique d’intervention mais je me suis vite avisée aux villes alentour car je voulais vraiment limiter les déplacements.

Même en étant sur les pages jaunes, au début avec mon adresse personnelle, je n’ai pas eu énormément de demande. C’est le bouche à oreille ou les réseaux sociaux qui a le plus fonctionné.

 

Je ne pense plus demander aux familles comment elles ont obtenu mes coordonnés

 

J’ai engagé petit à petit des frais au niveau matériel en fonction des patients. Et pourtant je n’utilisais pas tout ce que j’achetais, plusieurs fois. Même aujourd’hui. Mais c’est un autre sujet sur la consommation et l’immédiateté. Concrètement je n’ai pas acheté de tests avant d’être installée dans mon cabinet. Aujourd’hui, je conseillerais plutôt d’acheter certains tests que du matériel de parcours pour plusieurs raisons :

– manque parfois de place dans certains domicile

– poids du matériel à transporter qui peut décourager après plusieurs montée d’escalier

– absence ou arrêt de prise en charge juste après le bilan psychomoteur

– possibilité d’utliser les objets ou meubles à disposition (chaise, table pour les passages « en dessous »).

 

Sinon on peut travailler dans les couloirs de l’immeuble si l’objectif est de sortir de chez soi

 

Mon emploi à mi temps était ma source de revenu, je gagnais légèrement un peu plus en alternance donc je me suis habituée au niveau de vie.

Le travail à domicile m’a permi d’avoir du « plus ». C’était un investissement, ce que je gagnais, je le dépensais POUR du matériel divers (jeux, matériel de parcours, papeterie et imprimante laser …)

 

C’est pour cela que je considère mon activité comme psychomotricienne à domicile comme un complément. Ainsi je ne me met pas de pression financière. Cette pensée s’est étendue sur mon activité au cabinet ensuite.

 

Un jeune patient m’a surnommée Psychomot Mobile

 

Car psychomotricienne à domicile suggérait que je travaillais chez moi. Ça porte à confusion.

 

Comment ça se présente chez vous, si vous êtes psychomotricien à domicile ?

Autrement, j’espère que vous avez aimé mon retour d’experience, que vous soyez psychomotricien ou non. Généralement, on aime bien en savoir plus sur les coulisses, il me semble.

 

 

 

 

3 réponses sur “Mes débuts à domicile”

  1. Merci pour ce retour d’expérience, je me posais des questions, ayant bien envie de proposer quelques séances à domicile en complément de mes salariats, et ayant en plus des demandes. Ce qui pourrit encore de décourager serait les démarches administratives. A voir. Merci encore.

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