J’ai interviewé Cam Psychomot

C’est au tour de Camille connue sous Campsychomot sur Instagram d’avoir gentiment répondu à mes questions, et ceci, très rapidement !!

On peut lire dans sur son profil Instagram qu’elle est une psychomot passionnée. Cela se voit et se ressent sur ses publications. Active, elle réagit aux post des collègues psychomot et pense même à nous tag quand elle publie une photo pour nous « répondre ». Je comprend que lorsqu’elle travaille ou prend une photo, elle s’inspire de ce que la communauté des psychomot offre.

Et ça, c’est hyper touchant !

Je vous propose aujourd’hui de découvrir qui est donc Camille.

 


 

Parles moi de toi, qui es tu ?

Tout d’abord, je me présente Camille 27 ans. J’habite dans le Nord, mais de base je suis originaire d’Orléans dans le centre de la France.
Je suis psychomotricienne depuis 3 belles années.
Mon pseudo instagram est : campsychomot

Quel est ton parcours ?

Tout d’abord avant de parler de mon parcours, il me parait important d’expliquer comment et pourquoi j’ai choisi ce métier. Vers l’âge de 14 ans, j’hésitais entre devenir psychologue ou psychiatre. La voisine de mes parents étant psychologue en service de néonatalogie, elle m’a proposé de m’emmener passer une journée avec elle afin de me présenter un métier qui, selon elle, était fait pour moi. C’est comme ça que j’ai découvert et suis tombée amoureuse du métier qui en effet, est fait pour moi car il reprend tout ce que j’aime au quotidien.

J’ai donc passé un BAC S, et d’ailleurs ma professeur de SVT de l’époque m’avait dit que je n’aurais jamais le concours car je n’était pas assez douée..
Derrière j’ai fait une première année de classe prépa, et ait passé tous les concours. J’ai loupé l’ISRP à 10 places la première année.
Puis j’ai changé de prépa et j’ai encore une fois repassé tous les concours.

Lors de ma deuxième année, j’ai trouvé que j’avais été bien mieux accompagnée, et je me suis fait aussi de supers amis, que j’ai toujours actuellement. A l’issu des concours, je suis arrivée sur plusieurs listes complémentaires. J’ai été acceptée à l’ISRP Paris et a deux jours de la rentrée, Lille m’a appelé. Du coup, mon coeur a balancé et j’ai atterri dans la superbe ville de Lille.

Je possède aussi mon BAFA et suis formatrice auprès de jeunes adultes voulant devenir animateur.

Où et avec qui exerces tu actuellement ?

Actuellement j’exerce sur trois lieux différents.
Tout d’abord, je travaille en IME, à temps plein, depuis mon obtention de diplôme, depuis donc 3 ans. Mon IME est situé dans un coin très pauvre du Nord et cela s’en ressent au niveau de la population. Les enfants accueillis ont soit une déficience intellectuelle acquise, soit elle est apparue suite à des carences multiples et précoces. Je suis heureuse de pouvoir accompagner ces loulous déficients intellectuels et troubles associés au quotidien. J’accompagne des enfants âgés de 10 à 20 ans, que ce soit en individuel ou en groupe, tel qu’en balnéothérapie ou en équithérapie.
La psychomotricité commence à prendre de plus en plus de place à l’IME mais parfois on me demande encore de faire un travail d’ergothérapeute..
Depuis presque 2 ans, j’interviens auprès d’une mairie afin de proposer des ateliers psychomoteurs dans le cadre d’un PRE (Programme de Réussite Educative).

Enfin, je suis collaboratrice au sein d’un cabinet libéral, et je reçois des enfants de 3 à 14 ans atteints de différents troubles.

Le cumul des trois me permet de pouvoir être pleinement épanouie, et de varier les types de prises en charge et les populations rencontrées.
Comme vous l’aurez compris, je suis plus à l’aise actuellement pour travailler auprès d’enfants et d’adolescents. J’ai pourtant fait différents stages mais je pense avoir rencontré la tranche d’âge avec laquelle je suis la plus à l’aise.
Par la suite j’espère sincérement pouvoir enseigner la psychomotricité afin de partager la passion de mon métier.
 

Comment organises tu ta semaine de travail ?

Ma semaine de travail est très rythmée mais toujours organisée de la même manière.

Le lundi, mardi et mercredi matins j’ai des prises en charges groupales. Le lundi en équithérapie et les deux autres jours en balnéothérapie. Puis le reste de la semaine j’ai des séances individuelles dont trois repas thérapeutiques.
Le mercredi soir et le samedi matin, je reçois à mon cabinet libéral, et le vendredi après midi je propose mes ateliers psychomoteurs.

Je l’accorde, ma semaine est bien remplie (puisqu’on peut rajouter trois séances de sport par semaine), mais actuellement le rythme me convient.

Lorsque j’aurais des enfants, je pense que je verrais les choses autrement et diminuerait mon temps de travail probablement à l’IME puisque je m’épanouis justement en faisant ces trois facettes cumulées.

Quelles sont tes loisirs ? T’en inspires tu durant les séances de psychomot ?

Depuis quelques années je me cherche un peu niveau sport. J’ai fait du basket, du karaté et de l’équitation. J’ai enfin trouvé des sports dans lesquels je m’épanouis.
Actuellement je suis inscrite à une salle de sport dans laquelle je fais entre autre du pilate, et je suis inscrite à un club de Krav Maga. De plus, je prépare un raid solidaire, le Raid des Alizés, et croyez moi ce n’est pas une mince affaire..

Etant légèrement hyperactive, le pilate m’est très bénéfique. Il me permet de me poser, et de gagner en concentration. Le pilate me sert aussi en séances auprès des jeunes impulsifs. Je propose aussi des temps de relaxation à base de postures de yoga.

Ayant déjà été agressée lors d’une séance, le Krav Maga m’a permis d’apprendre à me défendre sans faire mal à l’autre, et surtout à me sentir plus à l’aise. Cependant, je ne m’en sers pas en séances.

J’ai aussi deux animaux, un chien et un lapin, qui m’accompagne au travail en tant que médiateurs. J’ai enfin été formée grâce à mon IME, et c’est un réel plaisir de voir l’impact que cela peut avoir, surtout auprès d’enfants ayant des troubles de la relation.

Que préfères tu dans ton travail ?

La réponse va paraître étrange mais tout.
J’aime la variété que celui ci apporte, et surtout le fait de pouvoir jouer tout en travaillant.
Et oui, ce métier permet de garder son âme d’enfant, si souvent éteinte à l’âge adulte.
Ce travail m’a aussi permis d’être moins maladroite. A force de répéter les gestes avec les enfants, mon organisation gestuelle s’est aussi améliorée.

Quelles sont les qualités que tu estimes nécessaires pour être un super psychomot ? 

Chaque personne étant différente, et chaque psychomotricien étant unique, nous avons tous un panel de qualités. Pour autant, il y a deux qualités qui pour moi me paraissent importantes.
Il s’agit de la bienveillance et l’adaptation.
La bienveillance car de part notre travail, nous sommes amenés à rencontrer diverses personnes avec chacune leur histoire, qui parfois peuvent nous sembler très compliqué à gérer personnellement, ou bien même des caractères très affirmés qui peuvent nous mettre en difficultés. Nous devons donc rester bienveillant, peu importe nos opinions, mode de vie personnelle.

L’adaptation car nous rencontrons des populations différentes et des personnes différentes. Certaines vont refuser tout ce que nous allons leur proposer, d’où l’importance de réussir à s’adapter et trouver un biais pour l’accrocher.

Pour l’anecdote, j’ai accompagné un jeune durant 2 ans qui, au début, refusait tout et ne souhaitait jouer qu’au foot. J’ai donc joué au foot durant presque trois mois, tout en incluant à chaque fois des nouvelles règles ou bien de nouveaux médiateurs. Au fur et à mesure, il a accepté de faire autre chose en séance et a fini par se détacher de son envie de jouer au foot.

Comment envisages tu le métier d’ici quelques années ?

D’ici quelques années, j’espère que le métier sera plus connu, et mieux représenté. J’espère aussi qu’autant de personnes continueront à partager la même passion du métier via les différents réseaux. Etre psychomotricien est un métier qui gagne à être connu.

J’espère aussi que nos séances seront prises en charge par la sécurité sociale, afin que plus de personnes puissent bénéficier d’un accompagnement en libéral, étant donné que les institutions sont souvent surchargées..

Pour finir, raconte moi un de tes plus beaux moments comme psychomot ?

Choisir un seul moment c’est tellement compliqué.. Je peux en raconter plusieurs ?

Commençons par B. B. est un jeune adolescent que je suis depuis mon arrivée à l’IME. B. est le seul enfant placé de sa fratrie de 7, et le vit très mal. Au début du suivi, B. ne voulait que de la contenance, contenance qu’il recherchait par le biais de la piscine à balles ou de massages. B. était rempli de colère et avait énormément de mal à gérer ses émotions, la moindre frustration étant source d’agressivité, qu’elle soit contre lui ou les autres. Au fil du suivi, B. a réussi à s’apaiser et à avoir une meilleure unité corporelle. Cette semaine, B. est arrivé en séance très en colère, et se tapait la tête contre le mur. J’ai réussi à le calmer, et il a fini par poser des mots sur son mal être. C’était la première fois qu’il mettait des mots sur ses maux, et je les ai accueilli avec bienveillance et surtout avec « bonheur« . Quel plaisir de le voir réussir à s’ouvrir à l’autre.

J’ai démarré une médiation d’équithérapie depuis cette année, avec l’aide d’une équithérapeute. Une adolescente étant très inhibée, que ce soit avec l’adulte ou les autres jeunes, a fini par s’ouvrir à l’autre grâce au contact du cheval, et prend maintenant énormément de plaisir à être en relation avec les autres. Le regard posé sur elle est cependant toujours vécu agressivement, mais des progrès apparaissent petit à petit.
Quel plaisir de voir évoluer ses petits patients, de les voir grandir, de les voir moins en colère.

 

 


 

Un grand merci à Camille pour le temps accordé. Une psychomot vraiment passionnée à découvrir sur son Instagram Campsychomot !

Les photos illustrant l’article viennent d’elle, elles sont publiées ici avec son autorisation, merci de respecter son travail.

J’espère que vous avez aimé l’interview et que vous avez par la même occasion appris davantage sur les missions des psychomot. Un petit commentaire ici ou sur Instagram me permet de savoir que cette rubrique vous a plu afin que la série continue. Merci à vous.

 

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