J’ai interviewé Emmanuelle de How I Play With My Mome

C’est au tour d’Emmanuelle de répondre aux questions de l’interview, une occasion pour mieux la découvrir.

En effet, elle est blogueuse, psychomotricienne, maman, testeuse et plein d’autres casquettes mais avant tout, c’est une jeune femme très sympa et disponible. Ce qui est vraiment appréciable avec les réseaux sociaux, c’est de pouvoir discuter avec des personnes qu’on n’aura peut être jamais l’occasion de se rencontrer tout en ayant des échanges intéressants. C’est vrai qu’en tant que psychomot, on peut se retrouver facilement seul dans une structure ou en cabinet. Partager l’amour commun du métier avec des consœurs permet de ne pas se sentir isolé dans notre pratique.

J’ai beaucoup aimé en savoir plus sur le parcours d’Emmanuelle grâce à cet interview, ce sera peut être votre cas également.

Place à son portrait !

 

Parles moi de toi, qui es tu 

Alors je suis Emmanuelle Langlois et mon pseudo (qui correspond au nom de mon blog) est How iI play with my mome. Oui je sais c’est hyper difficile à retenir mais quand j’ai créé le blog je trouvais ça drôle. Depuis je suis obligée de distribuer des flyers aux Ass Mat et parents avec qui je travaille pour être sûre qu’ils trouvent le blog ?

Bref sinon je suis psychomotricienne depuis juin 2002 et diplômée de la Pitié Salpêtrière. Je suis également maman d’un garçon de 8 ans et d’une petite fille de 2 ans ½. Originaire de la région d’Angers je vis maintenant en région parisienne (78) depuis mes études à Paris.

Quel est ton parcours ? 


J’ai été diplômée très jeune mais je dois avouer que lorsque je suis entrée dans la formation de psychomotricité c’était un peu sans trop connaître la profession.

Pendant mon année de terminale S, je me suis allée voir le conseiller d’orientation car j’étais attirée par les métiers de psychologue et kiné sans être totalement convaincue. Et c’est en feuilletant les catalogues de métiers proches de ceux-là que j’ai découvert celui de psychomotricien. Je me suis alors inscrite au concours de la Salpétrière en terminale.

Je n’ai pas été retenue mais j’avoue que vivre ce concours m’a aidé à savoir où je mettais les pieds pour l’année d’après.

Je me suis donc inscrite dans une prépa à Angers l’année suivante et j’ai passé quasiment tous les concours sauf l’ISRP car la scolarité était trop chère pour moi (à l’époque il y en avait 5 en tout). J’ai été prise de justesse à Paris en septembre sur liste d’attente alors que je venais de m’inscrire à la fac à Angers. Il a fallu déménager en urgence et trouver un appart 2 semaines avant la rentrée. Une vraie aventure maintenant que j’y repense. Et depuis je ne suis plus jamais revenue vivre en Anjou.

Où et avec qui exerces tu actuellement ? 

Depuis 2 ans je me suis mise à mon compte et je fais du libéral exclusivement à domicile. Je n’ai donc pas de cabinet mais une grande maison (et un grand coffre) dans lesquels je peux stocker tout mon matériel.

Je suis du genre à avoir la bougeotte et à aimer faire plusieurs choses à la fois.

Je partage donc ce temps de clinique avec des ateliers petite enfance dans les structures autour de chez moi et notamment avec les RAM (relais assistantes maternelles) qui sont très en attente de formation et surtout de situations pratiques à mettre en place avec les enfants. J’organise aussi des formations et des réunions avec les professionnels et les familles pour les accompagner dans l’éveil et le développement des enfants.

C’est une partie que j’apprécie particulièrement et qui permet de faire beaucoup de prévention et de diffuser les bons messages.

Comment organises tu ta semaine de travail ?

Je n’ai pas de semaine type car c’est très dépendant de mon calendrier des ateliers. J’ai des mois où toutes mes matinées sont prises par des ateliers et d’autres où se sont mes soirées qui vont être occupées par des réunions mais la plupart du temps disons que le mercredi est réservé à mes patients.

Pour les autres jours c’est en moyenne 2/3 ateliers en matinée et des patients l’après midi et/ou sur le temps du repas. Je ne travaille pas le week end et durant mes trous je fais de l’administratif ou j’écris pour mon blog ou des marques avec qui je travaille.

 

Quelles sont tes loisirs ? T’en inspires tu durant les séances de psychomot ? 


Alors mes loisirs se sont un peu réduits depuis que je suis maman mais chiner en brocante est quelque chose que mes enfants apprécient autant que nous. C’est notre moment en famille le dimanche. On y déniche des nouveaux jeux pour mon travail qu’ils adorent tester ou venir emprunter de temps en temps.  

En cette période creuse on joue beaucoup, on marche dans la campagne autour de chez nous et même si ce n’est pas une activité comme la danse ou le théâtre qui sont, je trouve, très enrichissantes dans notre pratique je dois avouer que depuis je suis maman ma façon de travailler a beaucoup changé.

Et je me nourris de tous ces moments avec eux mais aussi de mes doutes en tant que maman pour soutenir les parents des enfants que je rencontre.

D’ailleurs quand j’ai créé mon blog c’était pour pouvoir aider les parents à trouver 5 minutes par jour pour jouer avec leurs enfants en leur donnant des idées simples de jeux dans lesquels ils pourraient se retrouver. Car on est trop facilement enseveli dans le quotidien alors que prendre 5 vraies minutes à tout oublier et ne se consacrer qu’à notre enfant peut éviter bien des crises et permet surtout de mieux connaître ses enfants.

 

Que préfères tu dans ton travail ?


Oh tellement de choses. Certainement déjà le fait de pouvoir travailler dans différentes structures. J’ai beau n’avoir travaillé qu’auprès d’enfants depuis ma modeste carrière, j’ai quand même travaillé en CMPP, en libéral, dans des structures d’éveil et en petite enfance.

Ensuite j’aime le défi de trouver comment le corps de l’enfant que j’ai en face de moi fonctionne afin de trouver les exercices qui vont l’aider au mieux. Les voir s’étonner de réussir des choses qui leur paraissaient impossible mais aussi prendre du plaisir à se réapproprier leur corps est je dois l’avouer une bonne partie du métier.

Quelles sont les qualités que tu estimes nécessaires pour être un super psychomot?

Alors l’adaptation est sans aucun doute une qualité que tout psychomotricien doit avoir. Et en travaillant à domicile ou dans des salles qui changent chaque semaine cette adaptabilité est d’autant plus importante.

Mais je crois que c’est ce que j’aime et qui d’ailleurs me permet de chercher au plus profond de ma créativité pour trouver des solutions.  Et souvent ces nouvelles idées enrichissent ensuite mes prises en charge.

C’est donc un bon cercle vertueux.

 

Comment envisages tu le métier d’ici quelques années ?

Oh ce n’est pas facile. J’ose espérer que la psychomotricité sera plus connue du grand public. C’est en tout cas ce que j’essaye de faire en essayant de la vulgariser (dans le bon sens du terme) par mon blog et mes ateliers. Non pas pour lui enlever ses lettres de noblesse mais pour aussi la rendre accessible auprès de ceux que la théorie effraie. Je le vois dans mes ateliers sur l’accompagnement à la marche par exemple.

En se mettant en situation, les parents et les professionnels comprennent très vite l’importance de laisser l’enfant découvrir seul son corps mais dès que j’aborde des notions théoriques les visages se ferment et l’attention s’échappe.

La psychomotricité c’est un moyen de vivre son corps et pas seulement de le penser.

J’espère bien sûr qu’elle pourra être remboursée. Car beaucoup de mes patients n’ont pas les moyens d’un suivi hebdomadaire et je m’adapte à leurs finances en proposant des séances plus espacées et en leur laissant du matériel pour travailler en mon absence mais on sait tous que c’est un travail régulier qui porte ses fruits. Alors espérons qu’un effort sera fait dans ce sens pour le bien-être de nos patients.

Pour finir, raconte moi un de tes plus beaux moments comme psychomot ? 

Alors bizarrement ce n’est pas vraiment en rapport avec le trouble pour lequel je voyais cet enfant mais je me rappelle m’être senti très valorisé de cela.

Je suivais en effet cet enfant en CMPP depuis quelques mois mais je ne voyais que très rarement la maman. Lors d’un RDV de suivi un samedi matin elle m’explique qu’elle a de grosses difficultés à faire dormir son fils et je sens une grande souffrance chez elle en m’en parlant. J’ai discuté devant elle avec cet enfant pourtant très simplement mais la maman m’a rappelé quelques jours après en me disant que tout était rentré dans l’ordre. Je dois avouer que j’étais presque aussi surprise qu’elle mais j’ai aimé cette sensation d’être utile et légitime dans mon rôle avec cet enfant.

On peut parfois être découragé dans notre métier quand les progrès n’arrivent pas mais il faut se dire que la relation que l’on met en place avec les enfants va parfois au-delà de ça et que l’on sème de toute façon des petites graines quelque part.

Comment la psychomotricité a t’elle eu un impact dans ta vie ? 

La psychomotricité est pour moi plus qu’un métier : c’est une façon d’observer et de penser.

J’étais une grande timide petite et je peux encore l’être quand je suis dans un milieu éloigné de mon métier. Mais quand je suis avec mes patients ou dans mes ateliers, rien ne m’arrête. Ce métier m’a donné une assurance que je n’aurai jamais espéré et je me dis que j’ai eu le nez fin le jour où j’ai lu cette page chez le conseiller d’orientation car je ne changerai de métier pour rien au monde même si ma façon de le pratiquer évolue et évoluera encore.

 

 

 

Un grand merci pour le temps qu’elle a accordé pour cette interview.

Voici également les liens vers ses différents réseaux sociaux :

 

Vous avez également remarqué la petite nouveauté ? J’ai réussi à insérer les liens Instagram comme ça, vous pouvez directement cliquer dessus et lire le post en question.

C’est génial ce truc !

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