J’ai interviewé Michelle Psychomotricienne

Chaque mois, j’aimerai vous faire découvrir la psychomotricité en dehors de la France. Aujourd’hui, c’est Michelle qui répond et nous fait découvrir son travail au Liban.

En janvier et février, Ma Vie de Psychomot de Belgique et Rania de 100% Psychomot du Maroc se sont toutes les deux prêtées aux questions de l’interview. Au tour de Michelle de participer.  Son compte Instagram est à découvrir rapidement, francophone et anglophone !

 


Parles moi de toi, qui es tu 

Je suis Michelle ElChemaly, psychomotricienne depuis 4 ans.

 

Quel est ton parcours ? 


Mon parcours n’était pas facile, spécifiquement au Liban. J’ai eu mon double bac, libanais et français en sciences de la vie et de la terre. Le choix de psychomotricité en tant que profession n’était pas assez évident. La médecine était ma passion. Choisir un domaine paramédical était donc le bon choix.

 

A l’université libanaise, faculté de Santé publique, passer un concours pour intégrer la formation est primordial. Le concours consistait en des épreuves de Physique, de philosophie, de biologie et bien sûr de langues : Français et arabe. L’acceptation est réduite à 15 personnes seulement.

La formation s’étale sur 4 années au bout desquelles on obtient une Licence maitrisée qui est équivalente à un M1 si nous voulons poursuivre nos études au même établissement.

Vu ma passion dans le domaine neuropsychologique, j’envisage de continuer mes recherches dans ce domaine. C’est pourquoi, je suis en cours de finaliser ma licence en psychologie à la même université mais dans la faculté des Sciences Humaines. Ceci dans le but ultime : devenir un Dr. en neuropsychologie.

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#under #construction 🌼

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Ou et avec qui exerces tu actuellement ? 


Après deux années d’expérience au Koweit dans une école spécialisée. J’exerce actuellement dans une école régulière inclusive à Beyrouth « Eastwood International School » pendant les matinées. Par ailleurs, je dirige mon propre cabinet aussi à Beyrouth les après-midis.

Comment organises tu ta semaine de travail ?

Ma semaine de travail s’étale sur 5 jours du Lundi au Vendredi de 7 :30 jusqu’à 19 :30 avec bien sure un temps consacré chaque soir à un défoulement pour pouvoir donner de mon mieux le lendemain.

En effet, je termine mon travail à l’école à 14h00 et je commence mes séances les après-midi à 15h30. C’est pendant ce temps que je prépare le matériel dont j’en ai besoin, je rédige mes bilans, j’arrange mes dossiers ou bien même je suis des formations en ligne.

J’ai décidé de ne pas travailler durant les week-ends dans le but de bien me reposer pour pouvoir continuer le même rythme de travail envisagé.

 

Quelles sont tes loisirs ? T’en inspires tu durant les séances de psychomot ? 

Mon principal loisir récemment est le sport. Je l’exerce 4 à 5 fois la semaine sans oublier bien sûr mon dévouement à une société libanaise qui aide les personnes démunies.

En effet, l’évolution remarquée en faisant le sport est la même que celle durant les séances avec les enfants. Je m’en inspire surtout quand il s’agit des exercices de tonus musculaire ainsi que de coordination dynamique et statique.

Par ailleurs, lorsque j’ai un temps libre, je lis des livres qui aident à développer son image de soi et son image corporelle, outil primordial dans notre métier.

Que préfères tu dans ton travail ?

Le contact avec les personnes (enfants et/ou parents) est ce qui est précieux dans mon travail. L’échange des idées en tant qu’équipe à l’école ainsi que la constante évolution des recherches.

 

Peux tu nous confier sur ce que tu aimes moins dans ton travail ? 


C’est une question difficile mais bon à chaque travail ses avantages et ses inconvénients. Ce qui est sure que les avantages sont beaucoup plus nombreux dans mon cas.

Ce que j’aime moins dans mon travail c’est en effet l’effort physique constant qu’il faut assimiler pour donner de son mieux. Notre corps est l’outil principal pour la thérapie et il faut qu’il soit surtout en bonne forme. Ceci consiste peut être le seul point négatif dans la profession que j’exerce.

Le stress, la surcharge de travail, les complaintes des parents etc. consistent pour moi une motivation pour bosser encore plus.

Quelles sont les difficultés que tu rencontres ? 

La grande difficulté est lorsque je travaille avec un enfant dont les parents ne croient pas en la thérapie. En effet, ceci se projette directement à l’enfant et par conséquent bloquera le cours de la prise en charge. Le long cheminement de la thérapie et les résultats qui sont parfois implicites sont désormais difficiles à expliquer pour les parents.

 

 

Comment y remédier si possible ?

Pour y remédier, il faut surtout croire en notre travail en tant que thérapeute et de travailler avec confiance. Ceci poussera les parents à croire en la thérapie d’avantage et facilitera l’explication du cas.

 

Quelles sont les qualités que tu estimes nécessaires pour être un super psychomot ?


Pour être une super psychomot il faut :

1- De la patience
2- De la créativité
3- Une constante et régulière recherche
4- De la confiance en soi et en ses capacités
5- De l’amour pour la profession
6- De la passion

Comment envisages tu le métier d’ici quelques années ?

Le métier est en constante évolution surtout avec l’addiction des enfants sur les appareils électroniques d’une part et avec le manque de suivi des parents vu l’obligation de travailler. Ceci engendre un manque de stimulation et par conséquent un retard au niveau du développement psychomoteur d’une part. D’autre part, la prévention devient de plus en plus développée. C’est pourquoi, les parents et/ou les établissements concernés donne récemment de l’importance pour la profession.

Au Liban par exemple, le syndicat des psychomotriciens a travaillé sur l’importance de la présence d’un psychomotricien dans les écoles officielles que ce soit dans une équipe ou bien pour un dépistage précoce des difficultés.

 

Quels sont les impacts de la psychomotricité sur ta vie ? Qu’est ce qui a changé en toi ? 

Voilà une question bien intéressante.

La psychomotricité ne cesse de changer ma perception de la vie au fur et à mesure de ma pratique. D’une part, elle me donne l’envie d’évoluer et d’autre part elle me pousse à devenir créative d’avantage que ce soit dans le management de mon cabinet ou bien dans ma prise en charge.

Ce que je peux bien mentionner c’est que ce métier m’a appris la patience et la tolérance de l’autre dans toutes ses dimensions. La patience que ce soit au niveau de la thérapie en tant que telle ou bien la patience pour obtenir des résultats importants. La tolérance dans le but d’accepter l’autre avec toutes ses différences. En effet, mon parcours, m’a permis jusqu’à présent, me projeter vers l’autre et pouvoir voir son point de vue d’un sujet, ceci était tellement difficile au début.

Par ailleurs, l’empathie durant l’entretien avec les parents m’a permis de prendre en compte d’avantage les sentiments de l’autre avant de communiquer mon message.

Elle m’a permis de même de restituer une idée très brièvement et clairement dans le but de parvenir un certain message.

Enfin la formation m’a aidé à m’adapter rapidement aux différentes situations quotidiennes.

 

 

Raconte moi un de tes plus beaux moments comme psychomot ?

Les plus beaux moments en tant que psychomot c’est le moment ou tu termines la prise en charge ou bien lorsque les parents te racontent de l’évolution de l’enfant à la maison et/ou à l’école.

Mais si je dois en choisir un, c’est la visite d’un de mes patients à la clinique après l’arrêt de la thérapie avec un cadeau juste pour me saluer parce que les séances lui ont manqué.

 

Enfin, comment as tu découvert MissPsychomot ? Qu’est ce que tu apprécies le plus sur le blog ou sur Instagram ?

La découverte de MissPsychomot c’est fait d’après une recherche sur instagram après la création de mon compte.

J’apprécie le dynamisme de la page ainsi que les idées nouvelles qui sont partagées. Elle met en relation directe tous les psychomotriciens du monde en créant un thème commun et/ou un hashtag ce qui est génial.

 


Un grand merci à Michelle, elle parlait du hashtag #instantpsychomot dont je vous ai raconté son histoire et ses « règles » dans l’article ci dessous :

C’est quoi le challenge #instantpsychomot

 

En espérant que cet interview vous a plu, on se retrouve bientôt pour une nouvelle édition !

Miss Psychomot
Miss Psychomot

Je m’appelle Rokiyah Hosen, je suis Psychomotricienne diplômée d’Etat et auteur, à l’origine de l’ #instantpsychomot. Je suis également maman de Junior et de BB avec qui je pratique l’Hygiène Naturelle Infantile (HNI). Ici je fais la promotion de mon métier et partage des ressources en lien avec la psychomotricité mais aussi bon nombre de réflexion inédite.

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