L’hygiène naturelle infantile (HNI) soulève beaucoup de questions car remet en cause nos croyances actuelles. Parmi les interrogations les plus récurrentes, il y a celle qui concerne la capacité de continence.

L’HNI est une philosophie et non une méthode d’apprentissage ou de dressage qui ne respecterait pas le développement physiologique des sphincters.

Justement, j’espère apporter à travers cet article mon expertise en tant que Psychomotricienne afin de vous éclairer et expliquer la différence entre « se contenir » et se « relâcher » … Surprise, cela ne va pas à l’encontre de la maturité des muscles !

Avez vous autant hâte d’en savoir davantage que moi de partager avec vous le contenu de mon article ?

 

 

Le principe l’HNI repose sur le relâchement et non la continence.

Autant vous dire d’emblée, je surfe volontairement sur les mots « propreté » et « continent » mais aucun ne me satisfait réellement. Ainsi quand je parle de continence, soyez assuré que je parle réellement de continence à savoir la capacité de se contenir, de retenir ses urines et ses selles.

Et effectivement, un tout petit n’en a pas les capacités jusqu’à à un certain âge.

 

Néanmoins, un bébé qui apprécie de faire pipi et caca en dehors de sa couche va naturellement se retenir petit à petit pour plusieurs raisons :

 

Du point de vue psycho affectif et relationnel :

Je ne vais pas aborder aujourd’hui les stades de développement selon Piaget ou Freud, car il me faudrait un autre article spécial dessus.

  • Le moment où il fait ses besoins est une invitation à la relaxation

Le parent l’accompagne à se relâcher. Pour ce faire, ils se détendent tous les deux. Le parent crispé qui porte à distance son bébé et lui demande de faire pipi risque d’être confronté à un refus. Il a raison bébé ! Le son suggéré « psss » permet d’expirer et relâcher les muscles du torse et bas ventre en contact avec le dos du bébé qui va le ressentir comme une invitation à faire de même. Forcément, ces petits moments de mini relaxation et de recentrage sur son corps est apprécié par bébé et il voudra recommencer.

 

  • Le moment où il fait ses besoins renforce la complicité avec le parent

Même s’il s’agit d’un besoin naturel et qu’il n’est pas utile de complimenter outre mesure à base de « bravo bébé » , cela reste des moments qui valorisent … le parent.

Quand une mère devine que son bébé a faim ou sommeil et répond aux besoins de son bébé, ne ressent elle pas une satisfaction, une gratitude et surtout une confiance en ses instincts ? Il n’y a aucune honte à ressentir ces émotions quand elle a compris les signaux de son bébé et qu’elle lui suggère de faire ses besoins, et qu’il s’agissait bien de cela !

Ces moments de compréhension mutuelle favorise l’attachement et la complicité du duo parent (mère ou père) – bébé.  Du point de vue de ce dernier, il apprécie toujours avoir été compris dans tous ses besoins, même celui d’éliminer. Cela va renforcer sa confiance en ses capacités de communication.

Parfois le bébé n’a pas besoin de pleurer pour exprimer son besoin … il est réellement soulagé d’être compris par son parent

 

Du point de vue physiologique et conscience corporelle

Le fonctionnement des sphincters pour éliminer l’urine et les selles est identique chez le bébé, l’enfant et l’adulte en bonne santé. C’est son « utilisation » qui est différente.

 

  • Le principe du relâchement

Dès le départ, bébé a conscience que sa vessie se remplit et aura besoin de se vider. L’HNI repose sur l’écoute et l’accompagnement qui précèdent le moment de l’élimination. Il n’est pas du tout demandé au bébé de se retenir puisqu’il pourra se salir, comme il est courant durant la phase d’observation. C’est plutôt le contraire, il s’agit de l’accompagner et de lui permettre de se relâcher.

En suggérant à bébé d’éliminer à un moment naturellement propice dans un lieu dédié, au dessus d’un réceptacle et dans une position également définie, il va comprendre qu’il peut se détendre et se laisser aller ici et maintenant à l’aide d’un doux signal « psss » souvent accompagné par de l’expiration. En effet, il va prendre conscience de tous ces éléments réunis et petit à petit, les muscles auront gagné en force en même temps que son contrôle conscient d’éliminer.

Tout comme chaque muscle de notre corps qu’on identifie, prenons l’exemple du périnée (pour les jeunes mères) ou du diaphragme (pour les chanteurs) que peu de personnes connaissent avant qu’on leur demande de s’y intéresser, bébé va également découvrir ses sphincters et reconnaître les nuances de contractions volontaires et involontaires.

Il préférera se retenir pour faire ses besoins là où il se sent bien, en sécurité, avec ses habitudes.

 

Avec le temps et la pratique, l’enfant comprend qu’il peut se relâcher sans avoir besoin que vous lui suggérez

 

  • La continence … ou la contraction ?

 

La pratique actuelle de l’apprentissage fait appel quant à elle, à la contraction. Il est demandé, par exemple, à l’enfant de se retenir jusqu’aux toilettes en serrant ses fesses et contracter son périnée pour éviter un accident. C’est la sensation fort inconfortable  et désagréable d’urgence qui va signaler à son corps, le besoin d’uriner ou de déféquer. Jusque là, l’enfant éliminait dans sa couche sans conscientiser. Il n’a plus fait le lien entre la sensation de vessie à moitié pleine et le relâchement de ses sphincters qui provoquent un changement à la fois dans son corps, le soulagement agréable, et les autres sens physiques : tactile d’être mouillé ou éclaboussé, auditive du bruit du jet d’urine, visuel s’il est face au miroir ou peut se regarder directement, olfactive des odeurs bien particulières qu’il n’est pas nécessaire de détailler.

Un enfant qui a perdu cette connexion avec le besoin d’éliminer aura des difficultés à relâcher ses muscles sur commande et va donc attendre plus longtemps jusqu’à sentir la sensation d’urgence (également appelé le point de non retour).

Il aura seulement identifié le besoin de se contracter quand il aura envie. C’est le cas avant de quitter la maison où malgré les propositions, il ne sentira pas le besoin d’aller aux toilettes jusqu’à ce qu’il soit dans la voiture quelques minutes après et commence à souffrir de devoir se retenir.

 

Et PAF il ne peut plus se retenir, car c’est beaucoup plus douloureux de contracter que de se relâcher quand on commence à identifier les signaux corporels

 

En résumé, avec l’HNI, le bébé prend conscience du relâchement et petit à petit de la contraction, alors que dans la pratique de l’apprentissage de la propreté, l’enfant perd la sensation de relâchement pendant des années, apprend la contraction musculaire et ensuite se reconnectera de nouveau avec le relâchement s’il est accompagné.

 

Concrètement, la continence va s’observer lentement et à plusieurs moments :

 

  • Le jour

Parfois bébé fera des micros pipi dans la couche ou le lange car le parent n’a pas pu répondre immédiatement à ses signaux et se videra ensuite complètement au lavabo (pot, toilette). Vous serez directement impressionné par la quantité grandissante de ses urines.

Le nombre de fois que vous avez passé à l’accompagner dans la journée va diminuer et vous serez surpris de constater que sa couche reste sèche de plus en plus longtemps.

 

  • En écharpe

Une fois que bébé a compris qu’il peut éliminer loin de lui c’est à dire en dehors de la couche, même s’il est très bien contre le porteur, il cherchera à sortir de l’écharpe. Ses signaux sont variables, ils vont du regard intense (regarde moi bien, je te dis quelque chose avec mes yeux …) à une agitation globale ou concentrée au niveau du bas ventre. Certains parents ressentent les contractions musculaires de leur bébé.

Il peut passer plusieurs heures en écharpe de portage, notamment lors de promenade qu’il soit endormi ou non (sûrement stimulé par l’environnement), et d’attendre le retour à la maison avant de signaler son besoin. Cette période est un indice de la capacité grandissante de la capacité de de ses urines avant de ressentir l’inconfort.

 

Rien de mieux que la proximité physique qu’offre l’écharpe pour communiquer yeux dans les yeux
  • La nuit

Certains parent qui pratiquent l’HNI ont remarqué que leur enfant mouillent de moins en moins leur couche (ou lit, s’ils sont sans couche) … c’est le cas chez moi. Je n’avais aucunement l’intention de faire l’HNI la nuit … pas si tôt, mais c’est mon bébé qui m’a fait les premières demandes. C’est une autre histoire qui mériterait un nouvel article !

La capacité de stockage de la vessie se développe naturellement grâce à une meilleure conscience et connaissance de son corps en journée. Les sphincters se musclent sans contrainte.

Quoiqu’il en soit, s’il n’a pas fait pipi durant ses micros réveils, car les bébés ne font pas quand ils sont dans un sommeil profond, au réveil, ce sera la vidange complète. C’est justement le moment idéal pour démarrer les premiers essais avec l’HNI !

 

Si vous voulez recevoir mon kit de débutant, je vous invite à me contacter par mail sur ma boîte officielle :

contact@misspsychomot.com

 

J’espère que cet article vous a plu et n’hésitez pas à le partager !

Pour m’aider à mieux cibler vos attentes, un commentaire ou un mail (voire un message privé sur Instagram ou Facebook) sont la bienvenue !

 

 

Miss Psychomot
Miss Psychomot

Je m’appelle Rokiyah Hosen, je suis Psychomotricienne diplômée d’Etat et auteur, à l’origine de l’ #instantpsychomot. Je suis également maman de Junior et de BB avec qui je pratique l’Hygiène Naturelle Infantile (HNI). Ici je fais la promotion de mon métier et partage des ressources en lien avec la psychomotricité mais aussi bon nombre de réflexion inédite.

3 Commentaires
  1. J’ai noté également un échauffement du périnée qui signale un besoin de faire pipi pendant le portage…
    Merci pour cet article ô combien utile! Je ne cesse de répéter encore et encore qu’en HNI on propose le relâchement au moment où l’on sent que le bébé nous dit qu’il veut éliminer par ses signaux, son timing ou l’intuition du parent et non pas de se retenir (et donc de se contracter, ce que je n’avais pas réalisé 😉 )!
    Natacha Heureux Sans Couches 😉

    1. Merci pour cette remarque supplémentaire, je tente de plus en plus le portage sans couche à la maison et j’essayerai de me fier à cet échauffement 😉
      Oui oui se retenir de manière consciente et volontaire n’est d’ailleurs pas bon du tout pour la santé (de manière général, bébé, bambin, enfant, adulte, humain quoi lol), il vaut mieux être attentif à nos sensations (Pré signaux) et trouver un lieu pour faire ses besoins pour se relâcher

      J’apprecie énormément tes encouragements, cela me touche beaucoup

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