Retour sur une séance avec un ado dysgraphique

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En proposant le triomino à un jeune patient dysgraphique, deux problématiques ont pu être soulevées par rapport à son travail en classe, et notamment le fossé entre lui et les professeurs. Beaucoup d’incompréhension générale.

Voici le récit de cette séance de psychomotricité. Elle n’est pas forcément applicable à tous les cas. L’histoire comporte deux points.

  •   Tout dans la tête, peu dans les mains

Tout d’abord, il ne manipule pas voire très peu les pièces. Toute sa stratégie et son jeu se font dans la tête. Il a une bonne pièce ou non. Il joue ou pioche. Alors je me met à manipuler mes pièces, à les retourner dans tous les sens, à les lui montrer car vraiment, cela fait plusieurs pioches qui sont mauvaises (quand même !). Je lui demande de m’aider.

Résultat : il s’autorise petit à petit à manipuler ses pièces, les retourner aussi, et me les montre. Un moment de partage mais surtout dans l’agir avec le corps.

À la fin de la séance, il y a un temps de verbalisation.

Je lui fais part de ce que j’ai observé : la difficulté à agir avec son corps, il garde ses réponses en tête tout comme avec l’écriture. Il a la bonne réponse, j’en suis certaine, mais ne produit pas (encore) avec son corps.

  • Tout dans la tête, peu dans les mots

La partie se joue en silence, peut être a-t-il besoin de beaucoup de concentration ? Difficile aussi de savoir s’il prend plaisir à jouer… Mais surtout de savoir quelle stratégie il met en place vu qu’il ne manipule pas les pièces.

Alors je lui demande comment il joue, a t’il une technique particulière pour repérer les dominos ? Pas de réponse… C’est rare.

Un peu étonnée, je décide de lui raconter alors ma technique.
C’est vrai, je lui demande et moi alors, je peux aussi me livrer :
Je cherche 2 chiffres identiques a la pièce que je tiens en main.

Résultat : il s’autorise petit à petit à me raconter ses techniques même si c’est un peu confus. J’ai l’impression de le déconcentrer, c’est un peu drôle. Mais finalement, c’est clair.

À la fin de la même séance, je lui fais part de ce que j’ai observé aussi : la difficulté à faire “sortir sa réflexion ou sa pensée de sa tête”. Je partage mon ressenti sur le fait que je n’avais aucune idée de sa façon de jouer et qu’à force de piocher, peut être n’arrivait il pas à jouer.. Même si j’étais certaine qu’il savait ce qu’il faisait. Je lui ai dit qu’en tant que personne extérieure, c’est assez troublant… Finalement comme ses profs, qui ont des difficultés à évaluer sa compréhension durant les cours.

À la fin, il s’est senti écouté et reconnu, mais aussi a compris ce qu’il pouvait laisser transparaître.  Un travail sur l’extériorisation semble être sur la bonne voie… Un travail avec l’écriture, bien entendu.

– Miss Psychomot

2 réponses

  1. Très bon blog, je suis à chaque fois dans l’attente d’un nouvel article ou post instagram ! Tu m’aides beaucoup pour la MESP à venir .. ??

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