Derrière l’appareil photo

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Il est difficile de prendre des photos avec certains patients alors qu’il y a tant à partager … Parfois je me demande si les #psychomotLover que vous êtes, ont envie de plus d’image.

  • Mes conditions

Tout d’abord, je ne prend jamais de photos sur lesquelles on pourrait identifier le patient. Elles sont rarement floutées car je ne photographie qu’un élément de leur corps et fait attention à ne pas voir le visage. Il faut aussi savoir que même si certaines familles me suivent sur les réseaux sociaux et reconnaissent alors leurs enfants, elles sont libres de commenter ou non. Parfois, c’est aussi par ce biais qu’elles m’ont contactée, donc elles savent qu’une partie de mon travail est aussi de partager sur insta ou facebook (même sur pinterest récemment). Souvent le retour est positif car même si je propose des temps de debriefing régulièrement en fin de séance, les parents sont contents d’avoir une “image en tête”.

Vous pouvez vous douter qu’un jeune enfant a cherché à être enveloppé dans ce hamac ? La photo ne fait pas rêver. Pourtant après des minutes de séance durant laquelle il ne prononçait aucun mots, il a dit “jambe” quand on a posé nos mains dessus.
  • Les difficultés que je rencontre

Certains patients

Je pense aux enfants qui souffrent du TSA (autisme) avec lesquels je ne peux pas avoir suffisamment de recul. Être avec eux entièrement dans la relation, étant donné qu’il s’agit d’un axe thérapeutique important, puis reculer pour prendre mon téléphone portable au risque de lâcher le travail en cours ? C’est très très très très difficile dans la pratique et même pour moi. Heureusement que ces derniers mois, j’ai pu avoir avec moi une adorable stagiaire, mais je n’ai pas pu pour autant multiplié les photos.

C’est parfois fort dommage car pour ces enfants si touchant, dont les progrès se font petit à petit, où la séance devient rapidement improvisée et où il faire preuve de créativité, je n’ai rien à vous proposer comme image…

 

Mon collègue ostéopathe qui fait connaissance avec mon jeune patient autiste pour la première fois. Une magnifique rencontre et un super travail improvisé en collaboration sur la conscience des membres inférieurs (qui sera peut-être racontée un jour ?)

 

Certaines situations

De même, bien que cela puisse intéressant, je ne peux pas capturer une image pendant le bilan psychomoteur … qui est un premier contact. Je prend parfois en photo la posture et la tenue du crayon lors des tests d’écritures afin de comparer sur plusieurs exercices (est-ce la même lors d’un dessin, d’une copie de texte etc ?).

Puis en toute honnêteté, une fois que la relation est établie, il faut reconnaitre que la majorité des enfants que je rencontre ont grandi avec le téléphone et les photos. Je constate que ça ne les dérange pas.

 

  • Et le texte ?

Aussi, avec certaines photos, je n’ai que peu de retour ou bien, je devine aisément que la personne qui a commenté n’a pas lu le texte qui y était rattaché. Mouais …

Je reconnais que cela me décourage alors d’écrire, car derrière je réfléchis à résumer au maximum avec des mots techniques mais aussi courants afin que cela soit compréhensible pour le maximum de #psychomotlover.

 

  • La question du médiateur

Quand je vous montre les médiateurs (outils, jeux, livres …), je constate que cela semble plaire.

Comme si cela rassurait … car peut être, on se dit qu’on peut acheter les mêmes jeux et faire pareil à la maison …

Des achats qui ont plu mais n’est ce pas plus intéressant quand je vous livre en texte comment les utiliser ou les détourner ?

 

Mais en vrai le principal médiateur, c’est mon corps. C’est le corps du patient.

 

Comment prendre en photo les corps ? Il n y a pas de sens. Sans texte qui accompagnerait la photo.

Comment prendre en photo un enfant en pleine relaxation ?

Comment me prendre en photo en train de travailler ?

D’ailleurs ce n’est pas moi, mais ma stagiaire …

 

Quand je prend une photo, je prend le risque qu’une partie de moi s’absente.

 

Peut être que les réseaux sociaux qui sont axés sur les belles images ne sont pas le meilleur support pour partager mon expérience professionnelle dans toute sa richesse ? Qu’en pensez vous ?

2 réponses

  1. Très bel article, comme toujours ! Hâte de te lire encore et encore.
    Et oui un petit retour (article) sur ta séance avec ton collègue ostéopathe sur la prise de conscience du membre inférieur peut être super.

    En tous cas, je te comprend, je travaille avec des enfants autistes et ils demandent une implication totale de notre part donc ce n’est effectivement pas facile de prendre une distance dans la séance pour prendre une photo, au risque de les distraire. Pour ma part j’aime les photos des médiateurs utilisés mais surtout les retours écris.

    Bonne continuation Miss Psychomot !

    1. Merci beaucoup ❤️ c’est rassurant, j’ai beaucoup de demande concernant des “activités” à proposer aux enfants autistes mais pas facile d’illustrer sans photo, et sans proposer un texte plus ou moins long. Je garde l’histoire de la prise en charge osteo psychomot au chaud ?

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